Chronique de sentier : la traversée en crête de Penne-d’Agenais aux vergers
Le départ de Penne-d’Agenais a toujours quelque chose d’intense. À l’aube, quand la lumière du Lot effleure les pavés, la ville haute semble paisible et la rivière en contrebas encore enveloppée de brume. Très vite, à la sortie du bourg, la trace s’élève, traversant d’anciennes terrasses de vignes aujourd’hui envahies de cistes et d’aubépines.
Dès les premiers mètres, la pente impose son rythme. Mais avant de dominer la vallée, un silence léger s’installe : seuls quelques pas et le chant des mésanges troublent l’air immobile. Le sentier serpente à travers une hêtraie tachetée de lumière, puis tutoie les premières falaises de calcaire. C’est ici que je conseille de ralentir : les antiques murets marquent les limites de vieilles métairies disparues, traces discrètes d’un passé rural toujours lisible pour l’œil patient.
Tableau : Repères chronologiques du parcours
| Kilomètre |
Paysage et ambiance |
Point d'intérêt |
| 0 |
Penne-d’Agenais, village suspendu |
Basilique Notre-Dame-de-Peyragude |
| 3 |
Montée boiséeForêts de chênes et châtaigniers |
Ruines de terrasses, points de vue sur la vallée du Lot |
| 6 |
Crête dégagéeVue panoramique jusqu’aux premières collines du Quercy |
Lavoir de Souligné |
| 10 |
Sentier étroit sur la rocheBourrasques de vent en été |
Carrières anciennes, panorama vers le Sud |
| 14 |
Descente douceVergers et sentiers creux |
Pruneraies, petits ponts sur ruisseaux |
| 17-18 |
Lisière des vergers du Lot |
Hameau de Lustrac, retour possible |
Au fil heure, la crête se découvre : la lumière joue avec les vallons, révélant tantôt la mosaïque des arbres fruitiers, tantôt les longues lignes blanches des murets. Pause possible au lavoir de Souligné, rarement fréquenté mais idéal pour souffler. Toute la portion entre le 6e et le 12e kilomètre est la plus « crête » à proprement parler : quelques passages offrent 180° d’horizon, du Quercy blanc jusqu’aux reliefs d’Agenais, et par temps clair, on distingue parfois la pointe du clocher de Villeneuve-sur-Lot.
Dans les trous d’air, selon la saison, on traverse des odeurs de genêt, d'herbes sèches, et, parfois à l’automne, l’amertume légère des feuilles mortes. Les traces de chevreuil ou de blaireau se laissent lire le matin sur la terre fraîche, et l’on croise aussi, plus rarement, les restes d’un feu de bergers ou une vieille cabane de pierres sèches.