Marcher : le chemin des terrasses comme expérience sensorielle
Dès la sortie du bourg, la sente grimpe lentement. En matinée, le village s’efface doucement derrière le rideau des noyers, et déjà le silence profond règne, seulement troublé par le sifflement d’un loriot. Le relief vous porte sur les anciennes terrasses de culture : sous vos pieds, quelques marches en pierre rappelant le travail minutieux des générations passées.
On longe des bandes de vignes soudain envahies de rosiers sauvages. Parfois, la vallée du Lot apparaît en surplomb, déroulant son ruban d’eau paresseuse. Soudain, au détour d’un muret effondré, l’odeur sucrée des figuiers mûrs, ou bien celle, plus subtile, de la menthe aquatique si la saison est humide.
Au bout de la ligne de crête, je m’attarde souvent près d’une ancienne cabane de vigneron. Le toit s’est affaissé, mais l’ambiance reste – celle d’une pause à l’ombre, d’un café glissé dans la musette des anciens. Ici, il n’est pas rare d’apercevoir un faucon crécerellette filer dans le vent (source : LPO Lot-et-Garonne), ni d’entendre la rumeur lointaine des cloches de Penne confondues avec le bourdonnement des insectes.
La descente vers le hameau du Cayssou roule doucement sous les semelles, entre vieux noguiers et fougères. Ralentir, prendre un temps sur un muret pour regarder les fruitiers du bas, les ruches isolées, parfois, la brume posée sur le Lot. N’hésitez pas à faire une boucle lente, à vous arrêter, à goûter un fruit tombé, à photographier la vieille porte marquée au clou.