Dérouler la boucle : récit de la randonnée pas à pas
1. Le Lot pour fil conducteur : douceur du matin et premiers moulins
Le départ se fait dans la lumière rasante du matin, au pied du Pont-vieux, où la ville s’efface peu à peu derrière les platanes. Il suffit de longer la rive droite, sur le chemin de halage, pour sentir la présence de l’eau toute proche, presque enveloppante en saison humide. Ici, le sentier sinue entre saules têtards et prairies inondables. On devine déjà des constructions basses, parfois cachées par la végétation : silos, petits hangars, jadis utilisés pour stocker le blé ou accoster les barques à farine.
Le premier arrêt marquant, c’est le Moulin de la Ville : identifiable à sa silhouette massive de pierres blondes, il garde une certaine noblesse malgré les outrages du temps. Aujourd’hui, il fait face aux nouvelles habitations, mais la pierre exhale encore l’odeur tiède des temps anciens. Le clapotis du bief n’est jamais loin.
2. Traversée des méandres : des vestiges à observer et une faune riche
Le sentier quitte doucement la proximité immédiate du Lot après environ 3 km, au niveau de la “Plage du Cale”, pour s’enfoncer en lisière de bosquet, là où le sol retient la fraîcheur du matin. On croise un ancien gué, parfois encore praticable à l’automne lorsque le niveau est bas, et quelques ruines muettes d’anciens dispositifs de dérivation : pierres taillées, anciennes vannes, rouillés par endroits mais toujours lisibles pour l’œil attentif.
- Astuce d’observateur : Si le sentier est humide, gardez l’œil ouvert : hérons cendrés, martins-pêcheurs et parfois, au printemps, l’ombre furtive d’une loutre émurent la scène (sources : LPO Lot-et-Garonne).
- Sur la végétation: Aubépines, massettes, prêles et iris des marais ponctuent le chemin. En mai, le parfum des faux-acacias emplit l’air, presque sucré.
3. Pause patrimoine autour des anciennes meunières
Le retour vers le hameau de Bias est une plongée dans le patrimoine rural : plusieurs maisons de meunier ponctuent la route. Elles se distinguent le plus souvent par :
- La présence d’anciens fours extérieurs (parfois encore incrustés d’empreintes de mains, selon la tradition locale du “pétrissage collectif”)
- Les petites fenêtres en plein-cintre, qui favorisaient l’aération des réserves de grain
- Des puits de pierre sèche – précieux lors des étés sans pluie
- Une large cour où étaient battus le blé ou séchés les épis – très visibles au Moulin de Bias (propriété privée : se contenter de regarder depuis la grille)
4. Retour par les vergers et la crête : lumière dorée et derniers panoramas
À la sortie du hameau, le sentier s’élève doucement ; on quitte l’humidité des berges pour gagner une crête discrète. Ici, le panorama s’ouvre : la vallée du Lot s’étale sous vos pieds, vergers en damiers, petites mares luisantes, rangs d’artichauts et noyers. Par temps clair, la lumière du soir incendie les toits de tuiles et les reflets sur l’eau.
- Conseil : C’est la partie idéale pour une pause contemplative. Au printemps, on surprend parfois des chevreuils qui traversent les vignes en silence.
- Le retour vers Villeneuve se fait en douceur, par petites routes rurales, bordées de fenouils odorants et de sureaux noirs.