Trois itinéraires pour explorer les zones humides de Trentels
Voici trois sentiers que j’ai eu la chance d’arpenter, parfois brouillés par le brouillard du petit matin, parfois illuminés par un soleil qui joue sur l’eau. Ces boucles sont accessibles à toute marcheuse ou marcheur motivé, mais il est bon de se rappeler que la zone, selon la saison, peut être humide, glissante, parfois inondée. Un pas attentif, des chaussures imperméables, et un œil sur la météo sont toujours nécessaires.
1. La Boucle du Lac de Ferrié : l’intimité des roselières
- Distance : 6,5 km
- Balisage : Jaune (PR local – “Tour du lac de Ferrié”)
- Dénivelé positif : +60 m
- Durée indicative : 2h à 2h30
- Trace GPX : disponible sur Cirkwi
Le sentier s’ouvre doucement depuis le village de Trentels, par une petite route qui glisse vers le lac de Ferrié, plan d’eau créé dans les anciennes gravières du Lot. En suivant la lisière du boisement humide, les souliers foulent une sente molle, bordée par les roseaux qui frémissent dans la brise. Ici, le silence n’est jamais complet : battement d’ailes, clapotis de grenouilles, craquements sourds du bois flotté.
Le chemin longe le plan d’eau, offrant de beaux points de vue sur les herbiers submergés – au printemps, il n’est pas rare d’apercevoir les spatules blanches ou même la discrète poule d’eau (source : Faune-Aquitaine.org). La boucle se poursuit à travers des prairies ouvertes, puis retrouve la fraîcheur d’un bosquet de saules. Les variantes balisées permettent de prolonger le plaisir par un petit détour sur les digues du canal.
- Conseil pratique : après des pluies, la partie nord du sentier devient boueuse. Préférez la variante sud en période très humide.
- Anecdote : Lors d’une matinée brumeuse de mai, j’y ai observé le ballet de plusieurs libellules caloptéryx, attirées par la lumière timide sur l’eau immobile.
2. Sur les traces du Lot : entre rivière, canal et marais
- Distance : 12 km (boucle complète)
- Balisage : Trait rouge et blanc (GR652), puis jaune (PR local “Boucle de la Borie”)
- Dénivelé positif : +120 m
- Durée indicative : 3h30 à 4h
- Trace GPX : consultable via Visorando
C’est souvent ce sentier que je recommande à ceux qui cherchent à comprendre l’intimité du Lot et ses marges mouvantes. Après un départ depuis l’église de Trentels (remarquable pour ses modillons romans), l’itinéraire descend vers la vallée, frôlant de petites prairies inondables où, selon la saison, s’installent hérons cendrés et vanneaux huppés (source : Oiseaux.net).
Après un long ruban le long du canal – miroir parfait de la lumière printanière – le sentier bifurque pour regagner les rives du Lot. On longe un bras mort peuplé de saules têtards, ces arbres sculptés par des générations de faucheuses et d’agriculteurs. Par endroits, la végétation se fait exubérante : orties, joncs, iris d’eau s’entrelacent, formant des îlots de biodiversité rares pour le département.
- À savoir : la traversée de certaines sections peut nécessiter, en hiver, le passage sur des passerelles de fortune mises en place localement. Toujours prévoir une protection imperméable, même pour un temps sec en altitude.
- Conseil utile : la boucle longe brièvement une ancienne gravière transformée en réserve ornithologique ; des panneaux illustrés permettent d’identifier les espèces (mésanges, fauvettes, martins-pêcheurs).
Ce sentier, discret et changeant, offre une expérience dynamique : les fragrances de menthe sauvage, l’éclat bleuté du martin-pêcheur et, assez souvent, la rencontre sympathique avec un pêcheur local qui partage volontiers ses observations matinales.
3. La “Boucle des deux rivages” : l’appel du matin sur les crêtes humides
Voici une boucle éclatante au lever du jour : départ juste avant que la brume n’ait quitté la vallée, la fraîcheur humide enveloppe le marcheur. Après les ruelles du vieux Trentels, le chemin rejoint le plateau, avant de replonger vers la plaine alluviale.
Sur les hauteurs, la vue sur la sinuosité du Lot et la mosaïque de prairies inondables offre un panorama rare dans ce secteur du département : l’œil suit la rivière qui joue avec ses îles, entre peupliers et saulaies.
Le retour s’opère en longeant de petites zones humides secondaires, souvent oubliées des cartes, connues seulement des pêcheurs et des enfants du coin. Il n’est pas rare d’observer ici un chevreuil surpris ou, à la saison, la parade des crapauds lors des migrations prénuptiales (source : observations du PNR du Lot-et-Garonne).
- Variante “naturaliste” : en mai-juin, la zone autour du Château de Lustrac abrite une belle diversité d’orchidées sauvages – la floraison de l’orchis pyramidal offre un motif violet au bord des talus.
- À noter : en période de crue, la zone entre le pont de Lustrac et le sud du village peut devenir impraticable. Le circuit possède une échappatoire balisée permettant de rejoindre directement le centre bourg.