Les incontournables autour d’Agen : 4 itinéraires testés sur le terrain
Boucle « la Garonne à Moirax » — Entre plaine fertile et coteaux boisés
- Distance : 13,5 km
- Dénivelé positif : 220 m
- Niveau : facile à modéré
- Balisage : jaune, assez régulier
- Départ : église de Moirax (magnifique prieuré roman)
Dès les premières centaines de mètres, le sentier descend vers la plaine, passant entre les champs. On sent la densité de la terre glaise sous les pieds, puis la fraîcheur qui monte des sous-bois. J’aime m’arrêter au niveau du vieux moulin, vestige de ce long lien entre l’homme, l’eau et le travail du sol. La remontée vers le coteau offre une vue toute en nuances sur la vallée de la Garonne. Par temps clair, on distingue la ligne mouvante des Pyrénées à l’horizon sud. Soyez attentif : les rapaces survolent fréquemment les grandes parcelles en fin de journée, et on croise parfois la trace fraîche d’un chevreuil.
Cette boucle est idéale au printemps, pour les premières lumières dorées sur les friches, ou à l’automne, lorsque les noyers apportent une odeur douce-amère au sentier. Sur ce parcours, en avril, on croise souvent les premières orchidées sauvages : la diversité floristique ici doit beaucoup à la mosaïque agricole.
Conseils : Prévoir une lampe si l’on part en fin d’après-midi : la zone boisée se fait rapidement sombre, et le balisage s’efface dans les zones de cultures. Respecter les barrières, souvent destinées à préserver le pâturage extensif.
Le chemin des pêcheurs, de Pont-du-Casse à Saint-Caprais-de-Lerm — La Garonne à hauteur d’homme
- Distance : Environ 10 km (aller-retour possible ou circuit partiel)
- Dénivelé positif : plat
- Niveau : très facile
- Balisage : variable, certaines parties non balisées (trace GPX recommandée)
- Départ : halle de Pont-du-Casse
Ce parcours suit d’anciens chemins de halage, parfois utilisés encore aujourd’hui par les pêcheurs à l’anguilles ou à la friture. On évolue au plus près du fleuve, les pieds dans l’ombre mouvante des grands peupliers. Les rives sont ici particulièrement riches en oiseaux : hérons cendrés (source : Ligue pour la Protection des Oiseaux - LPO), martin-pêcheurs éclairs turquoise à la surface de l’eau, et parfois même, le cri sec d’un pic noir dans les arbres bordant la Garonne.
Au petit matin, il n’est pas rare de croiser d’autres silhouettes matinales : kayak, rameur solitaire ou pêcheurs discrets dont le regard semble perdu dans le courant. Les berges ici changent au fil des saisons : larges plages de galets blonds l’été, entaille profonde dans la glaise sombre l’hiver, silence troublé seulement par le bruit doux de l’eau sur les racines.
Conseils : Trajet à privilégier hors périodes de crue. Prévoir un chapeau et des jumelles pour l’observation, particulièrement au lever ou au coucher du soleil, quand la faune est la plus active. Attention : quelques amorces de sentiers débouchent sur des propriétés privées, bien vérifier son itinéraire en amont.
Le belvédère de Castelculier et les traces du passé gallo-romain
- Distance : 8,5 km (possibilité de prolonger jusque Saint-Pierre-de-Gaubert, + 3 km)
- Dénivelé positif : 160 m
- Niveau : facile
- Balisage : jaune, ponctuel
- Départ : archevêché de Castelculier
Ici, le sentier s’élève rapidement au-dessus de la plaine, entre haies vives et clairières. Après moins d’une heure de marche, on atteint un éperon calcaire offrant un panorama large sur toute la vallée de la Garonne. Le lieu, peu fréquenté, invite à la pause silencieuse. J’aime y attendre la lumière rasante du soir, quand la campagne prend des teintes orangées.
L’intérêt majeur du parcours : on traverse les vestiges gallo-romains de Villascopia (source : Villascopia/Centre d’Interprétation Archéologique), un rappel que ces coteaux ont abrité des hommes depuis l’Antiquité — ils cherchaient déjà, comme nous, un point de vue et la sécurité relative du relief. En chemin, on longe aussi d’anciens lavoirs conservés, et parfois le clapotis caractéristique d’une source cachée dans la végétation.
Conseils : Parcours adapté en toute saison, en privilégiant le printemps pour la floraison abondante du sous-bois et la douceur de l’atmosphère. Attention : le sommet, peu ombragé, demande chapeau et gourde en été.
Boucle « Pruneaux et patrimoine » — Lévignac-de-Guyenne à Colayrac-Saint-Cirq
- Distance : 17 km
- Dénivelé positif : 310 m
- Niveau : modéré (distance et quelques montées soutenues)
- Balisage : jaune, segments communs avec le GR654 (Chemin de Compostelle)
- Départ : halle de Colayrac-Saint-Cirq
Ce circuit traverse une partie emblématique de la vallée de la Garonne, là où la culture du pruneau d’Agen façonne les paysages. Verger après verger, séchoirs à prunes, petites exploitations familiales, et, en saison, l’odeur concentrée du fruit mûr ou du bois chauffé pour le séchage. Le sentier prend plusieurs fois de l’altitude, offrant de superbes points de vue sur le fleuve et sur la mosaïque de cultures en contrebas.
Ce que j’apprécie sur cette boucle, c’est le contraste entre zones cultivées et boisées. Les crêtes laissent place à des forêts secrètes, peuplées de hêtres et de charmes, et parfois traversées par l’appel doux d’un rougegorge. À mi-parcours, on aperçoit un ancien pigeonnier, témoin discret de la vie rurale d’autrefois.
Conseils : Itinéraire exigeant en plein été à cause de l’exposition. Toujours emporter au moins 1,5 litre d’eau par personne. Pensez à vous arrêter devant les petites exploitations qui proposent parfois des dégustations de pruneaux (label IGP — source : INAO).