Ressentir la magie du parcours : sensations, ambiances et anecdotes
Un de mes souvenirs préférés, sur ces sentes, c’est le silence profond au petit matin, lorsqu’une nappe de brume flotte encore au niveau du sol. À quelques mètres, on distingue soudain, comme sorti de nulle part, une cuvette noire, presque fantomatique : c’est une charbonnière.
À l’automne, les feuilles mortes atténuent les bruits de pas et l’on se retrouve parfois suivi d’un écureuil curieux ou d’une mésange qui vient inspecter distraitement un morceau de branche carbonisée. Un jour, en groupe, l’un d’entre nous a trouvé un tesson d’assiette enfoui, témoin du repas pris sur place par un charbonnier dans les années 40. Garder ce type de trace intacte, c’est à la fois respecter le site et le souvenir de ces vies passées.
Plus loin, un ancien sentier de débardage traverse un ruisseau asséché : on y remarque encore les ornières laissées par les charrettes tirant le bois jusqu’à Fumel. Toujours, sur ces chemins, je ressens ce lien direct entre la marche et l’histoire, presque comme si les arbres eux-mêmes avaient mémoire.