Un peu d’histoire : Aiguillon, carrefour aux mille destins
On ne comprend vraiment la confluence qu’en se rappelant son poids historique : dès l’Antiquité, le site d’Aiguillon contrôlait le passage entre Aquitaine et Agenais, puis fut une forteresse anglo-française disputée pendant la guerre de Cent Ans : le siège d’Aiguillon (1346) a même marqué les mémoires, époque où le bourg était réputé imprenable. Les remparts, dont il reste encore quelques vestiges derrière la place du château, dominent encore le confluent, comme suspendus sur l’eau.
Le vieux pont suspendu sur le Lot (construit en 1883, architecte Ferdinand Arnodin, pionnier de la technique des câbles métalliques : Source : Inventaire Patrimoine Nouvelle-Aquitaine) forme maintenant la transition entre la ville et la plaine alluviale, témoin du progrès industriel et réapproprié par les randonneurs. Au fil de la boucle, on croise aussi de petites écluses, des granges à tabac en bois sombre et des lavoirs couverts que les habitants viennent parfois encore fleurir en mai.
Le patrimoine rural, discret mais singulier, se concentre dans la présence des vieilles pierres, des haies bocagères restées intactes et des alignements de noyers – la confluence abrite d’ailleurs encore de petites cabanes de pêche où sont conservés, parfois, de véritables trésors d’ethnographie rurale (panier à anguilles tressé, photographies des anciennes crues sur les murs).