Marcher entre forêt de la Matte et zones alluviales : repères, expérience et guide d’itinéraire
La forêt de la Matte, lovée dans le sud du Lot-et-Garonne, est l’un de ces petits boisements où les pas résonnent autrement lorsque l’on prend...
Rando Lot & Garonne Aventure
Pujols, classé « Plus Beau Village de France », évoque souvent le promeneur qui flâne entre maisons à colombages et panorama sur la vallée du Lot. Mais peu savent qu’en-dessous des ruelles et des façades fleuries s’étirent des jardins suspendus, de petites terrasses en gradins, autant d’écrins de verdure patiemment façonnés par les habitants au fil des siècles. Parcourir cet entrelacs de sentes, c’est autre chose que de survoler le village. On touche le vivant : la terre, les murets, les grappes de raisin accrochées encore à une pergola oubliée, parfois le bruit mat d’un seau contre la margelle d’un puits.
Pour celles et ceux qui aiment ce mariage du patrimoine et du végétal, je propose aujourd’hui un circuit précis – fruits de plusieurs tentatives, de discussions avec des habitants, d’observations saisonnières – pour découvrir cet envers du décor.
Je privilégie toujours les boucles sur sentiers réels, dûment testés, loin des tracés trop touristiques. Ici on slalome – au propre – entre vieilles pierres et brassées d’herbes folles. L’itinéraire est balisé en partie seulement ; prévoir un topo simple (imprimé ou sur smartphone) et ne pas hésiter à demander conseil si l’on croise un Pujolais.
| Distance | 5,2 km |
| Dénivelé positif | 180 m |
| Durée | 2h30 à 3h selon allure et pauses |
| Difficulté | Facile à modérée (quelques passages raides ou glissants après la pluie) |
| Balisage | Jaune PR et panneaux patrimoniaux, variantes non balisées |
| Départ conseillé | Parking de la Porte de Ville |
Matériel recommandé : chaussures à bonne accroche (pierres patinées, terre parfois grasse), petit coupe-vent, chapeau, jumelles pour les oiseaux, carnet pour les notes.
Franchissez la Porte de Ville, témoin du passé fortifié de Pujols. Juste avant le petit pont de pierre, prenez à droite dans la ruelle rampante – nommée « calade des jardiniers » sur le cadastre napoléonien. On descend doucement, entre les odeurs de jasmin et le ruissellement d’une fontaine discrète.
Suivez le balisage PR jaune vers la « Sente des Lavandières ». On quitte le cœur urbanisé pour un sentier plus encaissé, parfois ombragé par de vieux charmes. À gauche, la vue s’ouvre sur les vallons en contrebas ; à droite, les murets de pierres sèches semblent dévaler la pente. Au bas de cette sente, une bifurcation : poursuivez à droite vers le « Chemin de la Fontaine » (indiqué par une plaque en céramique bleue), où subsistent quelques ferrures de treuils à seaux, témoignant de la présence d’un système d’irrigation ancien (source : Archives départementales, plan 1874).
Avant de boucler, faites un détour conseillé par les ruines du moulin à vent (XVIe) puis par le jardin botanique, en libre accès. On y remarque des essences typiques du Lot-et-Garonne, plantées « en restanque » : romarin, sauge sclarée, vigne muscat, parfois amandiers. Ce jardin nous donne une idée de ce que furent les cultures en terrasses, pensées pour retenir l’eau et capter le soleil.
Cultiver en terrasse n’est pas une excentricité récente : dès le Moyen-Âge, chaque famille pujlolaise aménageait quelques mètres carrés derrière sa maison. La structure même du village est bâtie en “balcon” sur le Lot, chaque mètre de terre utilisé, retenu par des murs en “barlong” (calcaire local). Outre la vigne, on y faisait pousser céréales, herbes aromatiques et parfois des “plantes à condiments” pour le marché de Villeneuve. Ces terrasses ont été restaurées pour partie dès les années 1970, sous l’impulsion d’associations locales (source : Commune de Pujols).
Aujourd’hui, si nombre de ces jardins sont privés, l’itinéraire proposé vous en montre suffisamment pour ressentir cette longue familiarité entre le minéral et le végétal.
Parcourir les terrasses suspendues de Pujols, c’est s’offrir une promenade à plusieurs vitesses. Il y a le pas du randonneur, attentif au dénivelé, au bon appui sur la pierre, mais aussi l’œil du promeneur, qui guette l’iris sauvage, la glycine centenaire ou la main levée d’un jardinier. À chaque saison, le circuit se transforme : il n’y a pas deux lumières pareilles, pas deux odeurs de terre identiques. La promenade se fait alors une manière d’entrer en conversation avec le paysage et son histoire, loin des foules, proche du sensible.
Et puis, Pujols surprend celles et ceux qui prennent le temps d’explorer ses franges, ces espaces suspendus entre terre et ciel. Je vous invite à vous laisser guider par la curiosité, à tester une variante, à vous arrêter un peu plus longtemps sur un muret ou à partager un sourire avec un habitant. C’est ici, dans la simplicité des pas et l’épaisseur de ces lieux, que réside le vrai charme du Lot-et-Garonne.
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