Le parcours : entre histoire et sensations
Du départ aux châtaigneraies : la montée en douceur
Dès les premiers mètres, un silence tombé du coteau enveloppe la marche. Après avoir laissé derrière soi les premiers vergers de noisetiers, le sentier s’élève doucement parmi les pois chiches, les buissons de genêt et la frange de quelques vieux châtaigniers. J’aime ce passage matinal : la lumière rasante se faufile entre les troncs, parfois la brume enroule la vallée et laisse apparaître le clocher de Clairac en contrebas. Sur la droite, par temps clair, la courbe majestueuse de la Garonne se dévoile – tableau changeant où dominent les verts tendres du printemps ou les ors puissants d’octobre.
Errance sur les crêtes : panoramas et petits détails
Arrivant sur la crête, on pénètre dans une zone plus ouverte. Ici, c’est la Garonne qui guide, sinueuse et généreuse en contrebas – un ruban qui déroule l’histoire agricole du département : maïs, vergers de pruniers, jardins maraîchers. À la belle saison, le chant des alouettes accompagne la marche, parfois interrompu par l’aigre cri d’une buse variable surveillant son territoire (connu pour nicher dans les vieux arbres du plateau, selon LPO Lot-et-Garonne).
C’est également sur cette portion que se cache le vestige de la chapelle de l’Ermitage — simple muret de pierres grises, presque invisible dans la verdure en été, mais repérable à son petit banc de bois où l’on peut s’arrêter (je recommande d’y faire une pause collation ou carnet de notes).
Descente vers la vallée : sentes anciennes et terres fertiles
La descente aborde un vieux chemin creux, autrefois emprunté par les muletiers. On y reconnait encore, çà et là, de petits enclos de pierres entremêlés de mousse, témoins muets d’un passé rural où la terre avait valeur de survie. Parfois, la sente disparaît brièvement entre les ronces — prudence, certains endroits sont étroits et le sol peut être friable.
En bas, la Garonne se rapproche. Ici, l’atmosphère change. On marche entre frênes têtards, saules, vieux peupliers dont les troncs tordus rappellent les inondations passées (la crue de 2014 a laissé des traces visibles sur les troncs, selon le SMAAG — Syndicat Mixte d’Aménagement de la Garonne). Profitez de ce passage pour observer les grèbes et martin-pêcheurs qui animent les méandres. Souvent, c’est là que la fraîcheur de la rivière remonte dans l’air du sentier.
Retour par les vergers : un condensé du Lot-et-Garonne rural
Le chemin remonte en longeant les berges, traverse ensuite quelques petites routes agricoles et rejoint la lisière de serres et prairies (pruniers d’Ente, source : INRAE, station de Montpezat). C’est un passage à la fois apaisant et gourmand : on devine parfois les effluves de fenouil sauvage, et en septembre, celle des prunes mûres. De petits calvaires ponctuent le chemin, souvent ornés de bouquets secs offerts par les habitants.
Avant de clore la boucle, une dernière montée ramène à l’Ermitage – courte mais un peu raide, n’hésitez pas à ralentir et savourer la vue. En arrivant, la lumière du soir vient souvent colorer la vallée d’un or doux, fermeture idéale pour cette randonnée.